La citation du jour

"Le monde ne sera jamais bon, mais si nous cessons de nous battre pour qu'il le soit, il sera pire encore"

Markus Imhoof (cinéaste suisse - La barque est pleine)
 
Comment les riches détruisent la planète Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
26-09-2007

Roborante soirée hier dans le cadre du café politique organisé par le POP vaudois avec Hervé Kempf, journaliste d’environnement réputé, actuellement correspondant au Monde.

« Comment les riches détruisent la planète », son dernier livre (Le Seuil), relie écologie et engagement social, montrant que la lutte pour la survie de la planète est inséparable de la lutte contre ce qu’il appelle les oligarchies. Il dénonce avec rigueur la croissance des inégalités sociales et l’apparition d’une classe dirigeante cupide, prédatrice, étalant sans vergogne ses richesses, et qui n’est porteuse d’aucun projet de société si ce n’est sa propre survie dans un enfermement sécuritaire sur elle-même (écoles privées, quartiers sécurisés, etc).

Depuis une dizaine d’années, nos sociétés néo-libérales ont vu stopper le recul de la pauvreté, recul qui avait marqué – grâce aux nombreuses luttes sociales - le capitalisme de la deuxième moitié du 20ème siècle. Une étude comparative des salaires moyens des ouvriers avec ceux des dirigeants, réalisée sur 500 entreprises américaines, a montré que l’écart qui était de 35 fois il y a 50 ans a passé à 180 en 2000.

Pendant que le tiers de l’humanité, soit 2 milliards de personnes, vit avec moins de 2 dollars par jour, le gaspillage et la .« prodigalité obscène » de ces nouveaux riches impose au monde entier le spectacle de son mode de vie comme le modèle général du bonheur.

C’est cela qui détruit le monde. Qui impose un modèle de consommation superflue, qui incite au « toujours plus » en exhibant sa richesse et son mode de vie avec ostentation et conduit à la frustration celles et ceux, partout dans le monde, qui savent bien qu’ils ne sont que spectateurs de ces richesses. Les jeunes, qui sentent bien que ce mode de vie leur restera inaccessible et qui, de fait, vivront le plus probablement moins bien, voire moins longtemps que leurs parents, sont particulièrement sensibles à cette frustration, cause première à mon avis de la violence que certains expriment.

Quel plaisir, en pleine campagne électorale, que de se ressourcer la tête, et de constater que nous ne sommes pas les seuls à lier étroitement la lutte contre les inégalités sociales et la lutte pour la survie de la planète…

 
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